👉 1er avril 297 : Rome condamne le manichĂ©isme — l’hĂ©rĂ©sie qui divise Dieu

 

👉 1er avril 297 : Rome condamne le manichĂ©isme — l’hĂ©rĂ©sie qui divise Dieu




Quand le mal devient un dieu, l’homme n’a plus de salut.


Résumé en latin ecclésiastique

Anno 297, imperator Dioclétien edictum contra Manichaeos promulgavit, doctrinam e Persia ortam damnans. Haec doctrina duo principia aeterna, bonum et malum, statuit. Ecclesia, praesertim per Augustin d'Hippone, docuit malum non esse substantiam sed privationem boni. Sic affirmatur unitas Dei et spes salutis.


Article (style Wikipédia)

Condamnation du manichéisme par Dioclétien (297)

La condamnation du manichĂ©isme par l’empereur romain DioclĂ©tien en 297 constitue l’un des premiers actes officiels de rĂ©pression contre cette religion dualiste d’origine perse, fondĂ©e au IIIe siècle par Mani.

Contexte

Le manichĂ©isme se dĂ©veloppe rapidement dans l’Empire romain Ă  la fin du IIIe siècle. Il propose une vision dualiste du monde, reposant sur l’opposition entre deux principes Ă©ternels et irrĂ©ductibles : la Lumière (le Bien) et les TĂ©nèbres (le Mal).

Cette doctrine entre en tension avec :

  • la religion impĂ©riale romaine, attachĂ©e Ă  l’unitĂ© politique et religieuse ;
  • le christianisme, alors en expansion, qui affirme l’unicitĂ© de Dieu.

L’Ă©dit de 297

L’Ă©dit promulguĂ© par DioclĂ©tien condamne le manichĂ©isme comme doctrine Ă©trangère et dangereuse, issue de Perse, ennemie de Rome. Il prĂ©voit :

  • la destruction des Ă©crits manichĂ©ens ;
  • des sanctions contre ses adeptes ;
  • une surveillance accrue de sa diffusion.

Cette condamnation s’inscrit dans une volontĂ© plus large de restauration de l’ordre impĂ©rial et religieux.

Opposition doctrinale

Le manichĂ©isme affirme l’existence de deux principes coĂ©ternels, ce qui implique :

  • une limitation de la toute-puissance divine ;
  • une vision tragique du monde sans victoire dĂ©finitive du bien.

En réponse, la théologie chrétienne développe une conception différente du mal.
Notamment, Augustin d'Hippone, ancien adepte du manichéisme, formule la doctrine du mal comme privation du bien (privatio boni).

Selon cette perspective :

  • Dieu est unique et souverain ;
  • le mal n’a pas de substance propre ;
  • il rĂ©sulte d’un dĂ©faut ou d’une corruption du bien.

Postérité

Bien que condamné, le manichéisme continue à influencer diverses doctrines et courants spirituels au cours des siècles.

Le terme « manichĂ©isme » est aujourd’hui utilisĂ© de manière plus large pour dĂ©signer toute vision du monde rĂ©duite Ă  une opposition simpliste entre le bien et le mal.


Points importants (English)

  • The Manichaeism was a dualistic religion founded by Mani in the 3rd century.
  • It taught the existence of two eternal principles: Good (Light) and Evil (Darkness).
  • In 297, Emperor Diocletian officially condemned it as a foreign and subversive doctrine.
  • Christianity rejected dualism and affirmed one sovereign God.
  • Saint Augustine, a former Manichaean, developed the concept of evil as a privation of good.
  • The term “Manichaeism” today refers to simplistic moral dualism in thought and politics.

Sources

  • Édit de DioclĂ©tien contre les manichĂ©ens (297)
  • Augustin d'Hippone, Confessions ; De natura boni
  • CatĂ©chisme de l'Église catholique §§ 385-412
  • Actes et sources romaines tardives sur les hĂ©rĂ©sies orientales

Bibliographie

  • Henri-Charles Puech, Le ManichĂ©isme
  • Michel Tardieu, Le ManichĂ©isme (Que sais-je ?)
  • Augustin d'Hippone, Contra Faustum, De moribus Manichaeorum
  • Jason BeDuhn, Manichaean Body
  • Samuel N.C. Lieu, Manichaeism in the Later Roman Empire

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