Concile de Lyon II — le dernier grand rêve d’unité entre Rome et Byzance

 

Concile de Lyon II — le dernier grand rêve d’unité entre Rome et Byzance





En 1274, à Lyon, l’Occident latin et l’Orient byzantin tentèrent une réconciliation historique. Pendant quelques années, la chrétienté crut possible la fin du schisme.

Évangile

« Qu’ils soient un, comme nous sommes un. »
— Évangile selon saint Jean, 17, 22


ARTICLE

Le deuxième concile de Lyon s’ouvre le 7 mai 1274 sous le pontificat du pape Grégoire X. Il constitue l’un des grands conciles œcuméniques du Moyen Âge et marque une tentative spectaculaire de réconciliation entre l’Église latine et l’Église byzantine, séparées depuis le schisme de 1054.

À cette époque, l’Empire byzantin traverse une période fragile. L’empereur Michel VIII Paléologue, qui a repris Constantinople en 1261 après l’occupation latine, cherche à éviter une nouvelle croisade occidentale contre Byzance. Pour cela, il accepte de négocier avec Rome.

Le concile réunit des évêques, abbés, théologiens et ambassadeurs venus de toute la chrétienté. Parmi les grandes figures présentes se trouve Thomas d'Aquin, qui meurt cependant en route avant d’atteindre Lyon. On y discute de la réforme de l’Église, de l’organisation d’une nouvelle croisade et surtout de l’union entre Orient et Occident.

Les représentants byzantins reconnaissent alors la primauté du pape et acceptent la formule latine du Filioque, ajoutée au Credo en Occident. Pendant quelques instants de l’histoire, Rome et Constantinople semblent de nouveau marcher ensemble.

Mais cette union demeure fragile. En Orient, une grande partie du clergé et du peuple rejette l’accord, perçu comme une soumission politique à l’Occident latin. Après la mort de Michel VIII, l’union est progressivement abandonnée. Le rêve d’unité du concile de Lyon II s’effondre, comme plus tard celui du concile de Florence au XVe siècle.

Le concile laisse pourtant une trace durable dans l’histoire de la papauté. Grégoire X y impose également des règles nouvelles pour l’élection des papes : le conclave fermé des cardinaux naît officiellement à Lyon afin d’éviter les interminables vacances du siège apostolique.

Ainsi, Lyon II fut à la fois un sommet diplomatique, un grand moment théologique et une immense occasion manquée. Entre Rome et Byzance, la communion semblait proche ; mais les blessures politiques, culturelles et spirituelles étaient déjà trop profondes.


Points importants (English)

  • Second Council of Lyon held in 1274 under Pope Gregory X.
  • Major attempt to reunite the Latin and Byzantine Churches.
  • Byzantine emperor Michael VIII accepted papal primacy for political reasons.
  • The council also formalized the papal conclave system.
  • The union ultimately failed because of strong opposition in the Eastern Church.

Résumé en latin ecclésiastique

Concilium Lugdunense Secundum anno Domini MCCLXXIV celebratum est sub papa Gregorio X. Imperator Byzantinus Michael VIII unionem cum Ecclesia Romana quaesivit, ut pacem et auxilium occidentale obtineret. Graeci tunc primatum Romani Pontificis agnoverunt atque formulam Filioque acceperunt. Sed haec unio brevis fuit, quia multi in Oriente eam recusaverunt. Concilium etiam regulas conclavis papalis firmavit.


Note culturelle

Le concile de Lyon II demeure un symbole fascinant pour les historiens : celui d’une chrétienté qui croyait encore possible l’unité universelle malgré les fractures politiques et culturelles. La ville de Lyon fut alors, pendant quelques mois, le centre du monde chrétien. Certains historiens considèrent même que ce concile fut le dernier moment où Rome et Byzance purent réellement espérer se réconcilier avant la chute définitive de Constantinople en 1453.


Sources

  • Concile œcuménique de Lyon II (1274)
  • Denzinger – Enchiridion symbolorum
  • Steven Runciman, Le Schisme d’Orient
  • Yves Congar, Chrétiens désunis
  • Histoire des conciles œcuméniques, collection Cerf 

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