Apologie véhémente des Fils de Saint Ignace
Quand les Jésuites furent accusés de tous les maux… et servirent pourtant l'Église jusqu'aux extrémités du monde
Résumé en latin ecclésiastique
Societas Iesu, a Sancto Ignatio de Loyola condita, inter maximas vires apostolicas Ecclesiæ numeratur. Missionarii eius Evangelium ad Asiam, Africam et Americam tulerunt, dum magistri et theologi fidem catholicam defenderunt. Quamvis sæpe calumniis, persecutionibus et suppressioni obnoxii fuerint, filii Sancti Ignatii magnopere contulerunt ad propagationem fidei, scientiæ et culturæ christianæ.
Évangile
Matthieu 28, 19
« Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples. »
Nos saints fondateurs
Ô peuple encore engourdi par les illusions du siècle, contemple la prodigieuse aventure des fils de saint Ignace !
Lorsque le jeune chevalier basque Ignace de Loyola fut blessé à Pampelune, personne n'imaginait qu'une telle blessure changerait l'histoire du christianisme. Dans la solitude de sa convalescence, il abandonna les rêves de gloire terrestre pour rechercher le Roi éternel.
De cette conversion naquirent les Exercices spirituels, véritable école de discernement qui forma des générations de prêtres, de missionnaires, de religieux et de laïcs.
À ses côtés brillèrent des figures exceptionnelles.
François-Xavier parcourut les océans pour annoncer le Christ jusqu'aux rivages de l'Inde, du Japon et aux portes de la Chine. Matteo Ricci fit dialoguer l'Évangile avec la civilisation chinoise. Pierre Favre convertissait les cœurs par sa douceur. Jean de Brébeuf versa son sang parmi les peuples amérindiens.
Partout où ils passèrent, les Jésuites bâtirent des collèges, des missions, des observatoires, des bibliothèques et des œuvres de charité.
Le mythe du complot jésuite
Peu d'ordres religieux ont suscité autant de fascination que la Compagnie de Jésus.
Parce qu'ils formaient les élites, conseillaient parfois les princes et dirigeaient de nombreux établissements d'enseignement, les Jésuites devinrent rapidement l'objet de soupçons.
Au fil des siècles naquit alors la légende du « complot jésuite ».
On les accusa d'influencer les rois, de manipuler les consciences, de gouverner secrètement l'Europe. Les pamphlets se multiplièrent. Les caricatures aussi.
La réalité est pourtant plus simple.
Les Jésuites furent avant tout des éducateurs, des missionnaires et des théologiens. Leur influence provenait moins d'un prétendu pouvoir caché que de leur niveau intellectuel exceptionnel et de leur présence dans les grands centres de formation.
Comme souvent dans l'histoire, le succès suscita la jalousie.
De la gloire à la suppression
Le XVIIIᵉ siècle marqua l'épreuve la plus terrible de la Compagnie.
Sous la pression de plusieurs monarchies européennes, le pape Clément XIV supprima la Compagnie de Jésus en 1773.
Des milliers de religieux furent dispersés.
Les collèges furent fermés.
Les missions abandonnées.
Une partie importante du réseau intellectuel catholique disparut brutalement.
Certains historiens considèrent que cette suppression priva l'Église d'une de ses principales forces de résistance face aux idéologies qui allaient bouleverser l'Europe à la fin du XVIIIᵉ siècle.
Il serait excessif d'affirmer que la Révolution française n'aurait jamais existé sans cette suppression. L'histoire est toujours plus complexe.
Mais il est légitime de se demander quel rôle auraient pu jouer ces éducateurs, ces prédicateurs et ces intellectuels si leurs institutions avaient continué à former les générations précédant 1789.
Les Jésuites aujourd'hui
Malgré les persécutions, la Compagnie fut restaurée en 1814 par Pie VII.
Elle demeure aujourd'hui l'un des plus importants ordres religieux du monde catholique.
Universités, centres de recherche, missions, œuvres sociales, dialogue intellectuel : l'héritage ignatien continue de porter du fruit.
Même leurs adversaires reconnaissent souvent leur immense contribution à l'éducation, aux sciences et à l'évangélisation.
L'histoire des Jésuites rappelle finalement une vérité simple : lorsqu'un ordre


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