La vengeance papale : nominations, fidélités et fractures dans l’Église argentine
La vengeance papale : nominations, fidélités et fractures dans l’Église argentine
Une critique sévère de l’héritage épiscopal de François
Un dossier publié par le blog espagnol El Wanderer, relayé par LifeSiteNews, dresse un portrait particulièrement sévère du pontificat de Pope Francis en matière de nominations épiscopales. Selon cette analyse, les critères retenus n’auraient pas été principalement pastoraux, doctrinaux ou missionnaires, mais profondément politiques.
L’auteur parle même d’une « compulsion » à remodeler l’épiscopat argentin en remplaçant progressivement les évêques jugés indépendants par des profils plus dociles, plus proches idéologiquement, voire personnellement redevables au pape.
François aurait ainsi nommé 67 évêques en Argentine durant son pontificat, soit près de six par an, transformant profondément la hiérarchie de son pays natal.
Des nominations parfois interrompues par des « squelettes dans le placard »
Le rapport rappelle plusieurs cas troublants : certains candidats à l’épiscopat, après avoir accepté leur nomination, renoncèrent brutalement quelques semaines avant leur consécration.
Les cas de José María Baliña et Gustavo Manuel Larrazábal, liés au diocèse de Mar del Plata, sont évoqués comme exemples significatifs. Les raisons officielles restèrent floues, mais l’expression utilisée fut celle de « squelettes dans le placard ».
Le cas du prélat indonésien Pascalis Syukur fut encore plus spectaculaire : choisi pour devenir cardinal en 2024, il dut finalement renoncer après la révélation d’une relation avec une femme et de l’existence de deux enfants.
Ces affaires nourrissent l’idée que certaines nominations auraient été faites sans véritable discernement préalable, ou malgré des informations compromettantes connues.
Le cas emblématique de Jorge García Cuerva
La nomination de Jorge García Cuerva à l’archevêché de Buenos Aires en mai 2023 constitue, selon le dossier, l’exemple le plus révélateur.
Tout commence avec un audit financier du Vatican concernant l’archidiocèse de Buenos Aires. Le cardinal Mario Poli et plusieurs prêtres furent publiquement mis en cause dans une affaire immobilière. Or, de nombreux prêtres jugèrent ces accusations infondées et publièrent des lettres de soutien.
Deux cent cinquante prêtres prirent ainsi la défense de leurs confrères, ce qui aurait profondément irrité François.
La nomination de García Cuerva fut alors interprétée comme une sanction : remplacer Poli par un homme capable de maintenir une tension permanente avec le clergé local.
On retrouve ici un parfum très argentin : un peu de Curie romaine, un peu de péronisme, et beaucoup de mémoire longue.
Péronisme, réseaux et fidélités
Selon El Wanderer, García Cuerva était proche de Sergio Massa, figure importante du péronisme argentin et candidat présidentiel. Son élévation aurait également servi de « cadeau » politique aux réseaux péronistes proches de Bergoglio.
Le rapport évoque aussi les anciens jésuites « bergogliens » des années 1980, opposés au père Víctor Zorzín, qui seraient aujourd’hui largement promus à l’épiscopat.
De même, plusieurs religieux envoyés autrefois au Colegio Máximo — alors dirigé par Bergoglio — auraient ensuite servi de relais informels dans leurs congrégations respectives avant de devenir évêques.
Autrement dit : certains faisaient de la théologie, d’autres de la géopolit… ecclésiologie.
Controverses doctrinales et scandales pastoraux
Le dossier reproche également à García Cuerva plusieurs choix pastoraux controversés : baptême des enfants de la célébrité transgenre Florencia de la V en 2014, ambiguïtés autour d’une tentative de bénédiction assimilée à un mariage impliquant un couple transgenre, proximité avec des responsables politiques favorables à la légalisation de l’avortement.
Ces éléments sont utilisés pour illustrer ce que les critiques considèrent comme une dérive doctrinale plus large dans certains diocèses argentins.
Le texte mentionne aussi l’expression de « mafia de couleur », allusion transparente à la fameuse « mafia lavande », terme journalistique désignant certains réseaux d’influence homosexuels au Vatican.
Autant dire que l’encens devient ici assez inflammable.
Une rupture finale avec son propre protégé
Ironie classique des cours romaines : François aurait fini par se lasser de García Cuerva lui-même, notamment à cause de sa gestion économique.
En 2024, le siège primatial de Buenos Aires fut retiré à l’archidiocèse et confié à Santiago del Estero, tandis que son archevêque, Vicente Bokalic, recevait la pourpre cardinalice.
Le geste fut largement interprété comme un désaveu discret.
Même les vengeances pontificales ont parfois besoin d’un service après-vente.
Points importants (English)
- Episcopal appointments were allegedly based on loyalty rather than orthodoxy
- Jorge García Cuerva became the symbol of papal retaliation
- Peronist political networks strongly influenced ecclesiastical promotions
- Several bishops resigned after hidden scandals emerged
- Francis may later have regretted some of his own appointments
Sources
- LifeSiteNews / Sign of the Cross Media
- El Wanderer (blog espagnol)
- déclarations publiques de Mgr Carlo Maria Viganò
- presse ecclésiale argentine sur l’archidiocèse de Buenos Aires
Bibliographie
- The Dictator Pope — Henry Sire
- The Next Pope — George Weigel
- From Benedict’s Peace to Francis’s War — Aldo Maria Valli
- études sur le péronisme ecclésial argentin
- archives sur les nominations épiscopales du Vatican
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